La terre de Jacques de Horné de Laneuville

Préambule
Afin de localiser les terres ancestrales du fief et seigneurie de Notre-Dame-de-Bonsecours, il faut connaître les limites exactes des paroisses de Saint-Antoine-de-Tilly et de Sainte-Croix, puisque les cartes cadastrales d’aujourd’huy se basent sur ces limites pour l’attribution des numéros de lots. Le numéro 1 du cadastre de la paroisse de Sainte-Croix, commence à la ligne de séparation de ces deux paroisses sur les cartes cadastrales contemporaines.

Ligne de séparation des paroisses

Annexion du fief de Bonsecours à la paroisse de Sainte-Croix en 1727
Le fief de Bonsecours est annexé à la paroisse de Sainte-Croix (détaché de la paroisse de Saint-Antoine-de-Tilly), à l'exception des terres des trois premiers habitants d'en bas, qui restent de la paroisse de Saint-Antoine-de-Tilly [(Édits et ordonnances du 15 septembre, 1727. C.-E. Deschamps, 1896. Municipalités et paroisses dans la province de Québec, p. 746-747, ANQ-Q). La paroisse de Saint-Antoine-de-Tilly comprendra alors la seigneurie de Tilly, le fief Maranda ou Duquet et les terres des trois censitaires au nord-est du fief de Bonsecours, 7 arpents pour ces trois derniers].

Longueur en front du fief et seigneurie de Notre-Dame-de-Bonsecours (Pointe-aux-Bouleaux)

Concessions à Mathieu Amyot de Villeneuve
L’acte de concession de Jean Talon au sieur Mathieu Amyot de Villeneuve, le 3 novembre 1672, comprend trente arpents de front sur cinquante de profondeur. L’augmentation du 16 avril 1687, concédée par le marquis de Denonville et Jean Bochart, comprend soixante-quatorze arpents de front sur deux lieues de profondeur, à condition que cette longueur en front n’empiète pas sur les autres concessions existantes, i.e. les Ursulines d’un côté (Sainte-Croix ou Platon), et la veuve Duquet (Maranda), de l’autre.

Acquisition du fief et seigneurie de Pointe-aux-Bouleaux par Robert Choret
Le 5 avril 1701, Robert Choret achète le fief et seigneurie de Pointe-aux-Bouleaux de Marie Minville, veuve de Mathieu Amyot de Villeneuve. Elle mesure alors soixante-quatorze arpents de front sur deux lieues de profondeur.

Charles Amyot entre en possession du quart de la seigneurie de Pointe-aux-Bouleaux
Un jugement de la Prévôté de Québec, du 14 mai 1708, condamne Robert Choret à laisser à Charles Amyot le quart de la seigneurie de la Pointe-aux-Bouleaux ou Notre-Dame-de-Bonsecours [~18 arpents et demi] pour son droit d'aînesse à cause de la succession de son père. [Prévôté de Québec, 1708. (P.-G. Roy. Concessions, p. 5)]. La seigneurie possède donc une longueur en front de dix-huit arpents et demi multiplié par quatre, ce qui donne soixante-quatorze arpents.

Le 12 août 1709, un Arrêt du Conseil Supérieur de Québec ordonne que Charles Amyot, maître de barque en la ville de Québec, rentrera dans le quart de la seigneurie de la Pointe-aux-Bouleaux, [18 arpents et demi] à l'effet de quoi sera fait le partage entre lui et Robert Choret, acquéreur de la dite seigneurie, en retenant par le dit Choret le quart du prix que la dite seigneurie lui a été vendue, et en payant par le dit Amyot sa part comme un enfant des dettes contractées pendant la communauté de défunt Amyot, son père, et de défunte Marie Miville, sa mère. [Jugements et délibérations du Conseil Souverain ou Supérieur, 1709, folio 2. (P.-G. Roy. Concessions, p. 6)]. Ici encore, la longueur en front est de soixante-quatorze arpents.

Le 26 août 1709, un autre Arrêt du Conseil Supérieur de Québec ordonne que Charles Amyot, maître de barque en la ville de Québec, jouira pour son droit d’aînesse, outre le quart du fief [18 arpents et demi] qui lui a été adjugé par arrêt du 12 août 1709, d’un demi arpent de terre de préciput dans tel endroit qu’il voudra choisir dans le fief des Vignes. [Jugements et délibérations du Conseil Souverain ou Supérieur, 1710, folio 115. (P.-G. Roy, Concessions, p. 6)]. Longueur en front est de soixante-quatorze arpents.
 

Carte de Gédéon de Catalogne en 1709
La carte de Gédéon de Catalogne donne une lieue de front [84 arpents] à la seigneurie Choret. Toutefois, le total des longueurs en front des concessions à cette date, nous donne environ 78 arpents de front.
 

Procès-verbal des fiefs de Sainte-Croix, Bonsecours et Maranda en 1721
Le procès-verbal pour les fiefs de Sainte-Croix, Bonsecours et Maranda, le 9 mars 1721, stipule que le le fief de Maranda mesure trois quarts de lieue de front [63 arpents] et cinquante arpents de profondeur, celui de Bonsecours, une lieue de front [84 arpents] et deux lieues de profondeur, le fief de Sainte-Croix, une lieue ou environ de front [~84 arpents] sur dix lieues de profondeur (Procès-verbaux du procureur général Collet sur le district des paroisses de la Nouvelle-France, annotée par l’abbé Ivanhoë Caron. RAPQ, 1922. Ici, p. 327-328).
 

Aveu et dénombrement du fief de Bonsecours en 1723
Marie-Madeleine Boucher, veuve du seigneur Pierre-Noël Le Gardeur de Tilly, présente le 22 juillet 1723, son Aveu et dénombrement pour le fief de Bonsecours [Aveux et dénombrements, régime français, cahier no 1, folio 118. (P.-G. Roy. Concessions, p. 8)]. Dimensions, 68 arpents, 4 perches, 9 pieds de front sur 2 lieues de profondeur. Une part appartenant aux enfants de Charles Amiot de 5 arpents, 5 perches, 9 pieds. [Total : 74 arpents. Pourtant, la somme des longueurs en front des terres des 20 censitaires donne 80 arpents].

Dans cet aveu, la terre de Jacques De Horné de Laneuville, est bornée au nord-est par Jean-Baptiste Beaulieu, et au sud-ouest, par Gaspard Choret. L’aveu donne quatre arpents de front à la terre de Jacques De Horné de Laneuville, il n’avait pourtant que trois arpents dans la concession de 1703 et trois arpents lors du partage de sa terre entre ses héritiers en 1747. Nous n’avons pas retrouvé d’augmentation pour la terre de Jacques de Horné de LaNeuville, ni d’une concession de sa part d’une partie de la terre. Nous croyons qu’il s’agit ici d’une erreur à l’Aveu et dénombrement.

Concession d’une terre à Jacques de Horné de Laneuville
Nous avions cherché en vain sa concession dans les actes notariés du Régime français. C’est une information de Mme Gail Moreau du Michigan qui nous a permis de retrouver sa concession sous seing privé en date du 25 mars 1703, (doc. # 35) à la fin du greffe de Jacques de Horné de Laneuville, aux Archives nationales de Québec (Microfilm 4M01-1414A, ANQ).

Voici la transcription de cet acte :

    Jay soussignez et confesse avoir Concede
    un abitation de trois arpents de front
    lelong du fleuve St laurent et de quarante
    arpents de profondeur joygnant dun Costé
                                                   #et de lautre Coste
    au bas de la Coste le ruisseau de latouffe des terres
    non consedez a jacque de hornez dit laneuville
    payant chaque annez vingt sols par arpants
    et un chapon et quarente sols pour le droit de rente
    et deux sols marquez de sens une semaine
    pour le moulin et autent pour léglise # ......
    .........(illisible, très pâle) …. la ligne dudit ruisseau
    ..............fait le vingt sine de mars 1703
     (signé) Robert choret

Nous remarquons dans cet acte et aussi sur d’autres actes de concession aux censitaires voisins, faites par le sieur Robert Choret, que la terre de Jacques de Horné de Laneuville était borné d’un côté au bas de la côte, par le ruisseau à la Touffe, celui qui se nomme aujourd’hui «Ruisseau Gaspard».

La terre ancestrale de Jacques de Horné de Laneuville se situerait donc en grande partie sur le lot numéro 7 du cadastre actuel de la MRC de Lotbinière, dans la paroisse de Sainte-Croix.

Notre cheminement pour situer les terres des censitaires
Afin de situer les terres des censitaires de 1723, nous avons pris comme repère la ligne de séparation des fiefs de Sainte-Croix ou Platon (Les Ursulines de Québec) et de Bonsecours ou Choret, qui correspond à la route Demers d’aujourd’hui. Nous avons alors inscrit les censitaires et les dimensions de leurs terres en front en partant de cette ligne vers le nord-est, et en enlevant un arpent de front à la terre de Jacques de Horné de Laneuville.

Les mesures françaises utilisées à cette époque varient selon les auteurs, mais celles-ci sont les plus probables :

    12 pouces  = 1 pied français
    6 pieds français = 1 toise
    3 toises = 1 perche = 18 pieds français
    10 perches = 1 arpent français
    84 arpents français = 1 lieue

Les conversions des mesures françaises aux systèmes anglais et métrique sont les suivantes :

    1 pied français = 12,789 pouces anglais = 0,3248406 mètre
    1 perche française = 19,1835 pieds anglais = 5,8471 mètres
    1 arpent français = 180 pieds français = 191,8 pieds anglais = 58,471 mètres
    1 lieue française = 84 arpents français = 3,052 milles anglais = 4,9116 kilomètres
    (Réf. Table d’équivalences métriques,
    http://arpentage.mrn.gouv.qc.ca/conversion/table-equivalence.htm)

Nous avons ensuite reproduit l’Aveu et dénombrement de 1723 sur une carte de la MRC de Lotbinière.

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Information mise à jour le : 04/juin/2014