Document Lamare

Document Lamare, Thury-Harcourt, Normandie, France
Comme informations supplémentaires, nous citerons ici quelques passages d'un document miméographié préparé par Georges Lamare, de Thury-Harcourt, en Normandie (1979) :

Un clerc, Jean Le Gardours (déformation certaine de Le Gardeur) est le premier de cette famille dont il est fait mention, dans les circonstances suivantes: en 1370, malgré le Traité de Brétigny, les Anglais et les Navarrais, sous le commandement de Lemoine de Poulehay, s'étaient emparés du Château-fort de Thury, qui appartenait à Jacques de Bourbon, au droit de sa femme Marguerite de Préaux. Le Comte d'Alençon vint, l'année suivante, faire le siège de la forteresse, qu'il put seulement prendre à prix d'argent. Il versa à Poullehay une indemnité de 14 000 livres qui, avec 6 000 livres pour frais de siège, fut amortie au moyen d'une imposition sur les villes et vicomtés du baillage. Les ennemis, en plus ne s'étaient pas contentés de ravager pendant l'occupation les communes voisines; ils avaient pillé le château, le bourg et même l'église, dont ils avaient volé les calices, brûlé les livres et les ornements.

Jean Le Gardeur, tant en son nom qu'en celui des paroissiens et des habitants de Thury, adressa alors une supplique au Pape Clément VII, qui lui répondit par une bulle, rédigée à Avignon, dont l'official de Bayeux envoya à Jean Le Gardeur un vidimus en 1391. A défaut de subsides en argent, Clément VII envoyait à ses ouailles de Normandie de nombreuses indulgences, destinées à attirer, les jours de fête, en l'église Saint-Sauveur de Thury, une assistance et des offrandes plus importantes.

En 1413, Jouhan Le Gardoux (certainement le même) est inscrit sur les registres du cens pour 11 sols et 10 deniers, à raison de rente annuelle rachetable d'une demi livre de poivre. On voit, en 1461, dans le compte de la baronnie, rendu par Robert Gringore(sans doute le père du poète Pierre dont nous reparlerons), figurer une maison au domaine fieffé, sise au Vaudourne (Val d'Orne) de St-Bénin, es-mette de Thury, acquise par Pierre Le Gardeur de Michel Le Brun; elle appartenait encore au même fieffaire en 1481.

L'an 1476, Robert Le Gardeur et Robert Gringore sont ensemble tabellions à Thury. Deux ans plus tard, Jean Le Gardeur (fils de Robert, croit-on, et le grand homme de la famille d'alors) est, à son tour, tabellion au même siège, avec Charles du Mesnil, greffier, comme adjoint. De 1482 à 1487, nous le retrouvons lieutenant du verdier de la forêt de Cinglais. 1487 le voit encore tabellion avec Robert Gringore. De 1489 à 1500, il est officier de la baronnie, lieutenant du vicomte et procède, en cette qualité, tant aux locations du domaine qu'à l'examen des comptes rendus à Guillaume de Ferrières, Vers 1501, il tient de Pierre de Ferrières, fils et héritier de Guillaume, la fiefferme de Croisilles. Il épouse en 1510 Jeanne Tavernier, fille d'un de ses anciens confrères, Pierre Le Tavernier, tabellion en 1496.

En 1522/1523, messire.Pierre.Le Gardeur est prieur de l'Hôtel-Dieu de Thury. En 1543, différentes personnes promettent à Boniface Le Gardeur de Tilly de payer en son acquit, aux héritiers de Thomas Bertin, ancien receveur du domaine de Thury, des arrérages de rente de la baronnie. Vingt ans plus tard, en 1563, nous trouvons Guillaume et Roland Le Gardeur écuyers au nombre des bourgeois de Thury, envers lesquels un prêtre de la paroisse, Jean Le Forestier, prend l'engagement d'entretenir et de gouverner l'horloge de ladite ville, moyennant prestation en nature et en argent.

Puis aveu de 1578, par René et Léon Le Gardeur, les biens sis à Thury, d'Olivier Le Gardeur, sieur du Breuil, sont compris, en 1600, dans le domaine fieffé. Le même Olivier et son parent, sieur de La Vallée, sont chargés, en 1603, de la prévôté de la fiefferme de Croisilles. Et le cens de cette année là mentionne René Le Gardeur. En 1606, ce dernier et Jean Le Gardeur, sieur du Parc, sont liés à une procédure concernant la chapelle de la Maladrerie qui, alors en ruine, devait être réparée avec les deniers provenant de la coutume de la Foire aux Malades; coutumes subsistant probablement des indulgences accordées à l'église de Thury par Clément VII en 1391.

De 1610 à 1620, Pierre Le Gardeur, écuyer licencié es-lois, sieur de Saint-Silly, est bailli vicontal à Thury. Par acte de 1625, devant René Berthault, tabellion au Manoir du Breuil à Croisilles, il est procédé au partage de la succession d'Olivier Le Gardeur entre ses deux fils Jacques, l'aîné, sieur du Breuil et de Brieux, auquel demeure le fief noble, terre et sieurie de Croisilles, et Pierre, le puiné, sieur de Saint-Silly. Ce partage eut lieu sur l'avis de Jacques Godes, écuyer sieur d'Amblie, oncle des fils Le Gardeur.

De 1633 à 1635, nous voyons figurer dans les actes du tabellionnage: Le Gardeur de Repentigny; Pierre et Jacques Le Gardeur de Saint-Silly; Jean Le Gardeur de la Vallée. Le Breuil, Brieux, Saint-Silly, La Vallée dont les Le Gardeur prennent les noms sont des dépendances de la fiefferme de Croisilles. Ce sont encore aujourd'hui des fermes détachées, dont la majorité appartiennent à la famille d'Harcourt (qui fera plus tard son apparition dans l'histoire de Thury). Ainsi, pendant plus de deux cents ans nous suivons à Thury et dans les paroisses voisine les nombreuses branches de la famille Le Gardeur.

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Léo-Guy de Repentigny, généalogiste et archiviste de l’Association.

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Information mise à jour le : 04/juin/2014