Quelques notions d'héraldique

(Référence pour l’héraldique : site Internet d‘Antoine de Nadaillac, section Héraldique. Le texte suivant est tiré de sa page d’introduction à l’Héraldique. Consulter ce site très bien fait pour obtenir plus de détails sur cette science. Page utilisée avec son aimable autorisation, du 31 mai 2003).

Introduction
Il existe une différence importante entre les Armoiries et le Blason, entre le Blason et l'Art héraldique. Les Armoiries sont définies comme étant les figures et les devises dont est chargé l'écu, le blason est la description qu'on en fait verbalement. En d'autres termes, le Blason est une science, dont les Armoiries sont l'objet.

Notions élémentaires
Les armoiries sont composées :
d'un
Écu ;
d'
Émaux ;
et de
Figures, dites meubles en langage héraldique.

Puis on a :
Le
Timbre ;
Les
Brisures ;
Les
Tenants et Supports ;
Le
Cri, la Devise et la Légende ;
Le
Manteau et le Pavillon.

  • L'écu
    La forme de l'écu est arbitraire; triangulaire au Moyen-Age, il a reçu dans la suite des contours variés et même très extraordinaires et porte actuellement presque partout la forme classique bien proportionnée c'est-à-dire qu'il doit avoir sept parties de largeur sur huit de hauteur.

    La surface de l'écu dans laquelle se trouvent les figues est appelée le champ. Ce champ peut être divisé en deux ou plusieurs partitions au moyen de lignes tirées en sens divers. Ainsi on a : le parti, le coupé, le tranché et la taillé.

    La combinaison de ces lignes produits d'autres divisions, dites répartitions. Ainsi la ligne verticale et la ligne horizontale forment l'écartelé; chacun des compartiments ainsi formés s'appelle le quartier. La combinaison des deux lignes diagonales produit l'écartelé en sautoir.

    Un écu peut avoir plus de quatre quartiers : c'est alors le résultat de l'emploi d'un plus grand nombre de lignes. Un trait horizontal et deux traits verticaux, ou bien un seul trait vertical et deux traits horizontaux, produisent six quartiers. On dit alors, en termes héraldiques : "Parti de deux traits, coupé d'un autre qui fait six quartiers", ou "parti d'un trait, coupé de deux autres qui font six quartiers". Et ainsi de suite, pour un plus grand nombre de quartiers.

    La réunion du parti, du coupé, du tranché et du taillé produit le gironné. Le gironné peut avoir plus ou moins de huit girons ou compartiments, ce qui dépend de l'emploi d'un nombre de lignes plus grand ou plus petit. Le gironné qui est le résultat d'un nombre de lignes impair, se dit mal-gironné.
     
  • Les émaux
    Les couleurs en armoiries s'appellent émaux et sont indiquées en gravure par des hachures de différentes sortes. Lesdits émaux consistent en :
    • Deux métaux
      * Or (jaune), représenté par des points
      * Argent (blanc), représenté par une surface unie sans aucune hachure.
       
    • Quatre couleurs
      * Gueules (rouge), représenté par des traits verticaux
      * Azur (bleu), par des traits horizontaux
      * Sable (noir), par des lignes verticales et horizontales croisées
      * Sinople (vert), lignes diagonales.

      On y ajoute le pourpre (violet), représenté par des lignes diagonales dans la direction opposée à celles du sinople et l'orangé pour lequel on n'a pas de système d'hachure généralement admis.
       
    • Quelques fourrures
      *
      Hermine, qui est un champ d'argent semé de petites queues de sable
      * Vair, composée de pièces en forme de clochettes alternativement d'argent et d'azur
      * Le contre-vair, les pièces du même émail sont opposées par leurs bases
      * Le contre-hermine consiste en un champ de sable semé de petites queues d'argent.

      Dans une grande quantité d'armoiries, surtout allemandes, on voit d'autres teintes telles que : la couleur de sang, de fer, d'acier, d'eau, de terre, la couleur cendrée, la couleur brunâtre, la carnation ou couleur du corps humain, la couleur naturelle d'objets de tout sorte. Il n'y a pas de système universellement adopté pour indiquer ces nuances en gravure au moyen de hachures déterminées.

      Suivant les lois héraldiques, il faut que les meubles soient de couleur lorsque le champ est de métal ou qu'ils soient de métal lorsque le champ est de couleur. Les exceptions à ces lois sont néanmoins très nombreuses. Le pourpre et les fourrures se mettent indifféremment sur métal ou sur couleur.
       
  • Les figures
    On peut diviser en trois grandes catégories :
     
    • Les pièces héraldiques
      Formées par des traits qui presque toujours parcourent le champ entier. Telles sont : le chef, la fasce, le pal, la champagne, la bande, la barre, la croix, le sautoir, le chevron, le franc-quartier, le canton, le pairle, la bordure, l'écusson en abîme etc...

      Les anciens auteurs fixaient la hauteur ou la largeur des principales pièces héraldiques à un tiers de l'écu, ce qui en fait des corps trop lourds. En leur donnant un quart de la hauteur de l'écu, on obtient une meilleure proportion par rapport à la dimension du champ.

      On donne le nom de rebattements à des traits combinés de manière à produire une multitude de divisions régulières qui couvrent tout l'écu, comme le palé, le fascé, le bandé, l'échiqueté, le losangé, etc...
       
    • Les figures héraldiques
      Au nombre desquelles se rangent les losanges, les mâcles, les rustes, les fusées, les frettes, les billettes, les besants et les tourteaux.

      Les lignes qui forment les partitions et les figures héraldiques ne sont pas toujours des lignes droites. Elles peuvent être ondées, entées, engrêlées, cannelées, crénelées, bastillées, brétessées et contre-brétessées, denchées et dentelées, vivrées, échancrées, écotées, nébulées ou nuagées, pignonnées, mortaisées, etc...
       
    • Les figures ordinaires subissent une division en figures
      * naturelles, tout ce qui a été créé, hommes, animaux, plantes, astres, météores, éléments, etc...
      * artificielles, tout ce qui a été fait de main d'homme.
      * chimériques : les monstres, tels que sirènes, dragons, griffons, licornes, aigle à tête de loup, hommes à tête d'oiseau, etc.... Souvent ces monstres et même des animaux sont représentés à queue de poisson et se disent marinés, ainsi on a des lions, griffons, coqs marinés, etc....
       
  • Le timbre
    Sous ce nom collectif de tout ce qui se place au-dessus de l'écu des armes, on comprend : le casque ou heaume, le cimier (les figures ou objets que l'on porte sur le casque), et les lambrequins (étoffes découpées qui voltigent autour du casque).
     
  • Les brisures
    La brisure est un changement dans les armoiries pour distinguer les branches d'une même famille entre elles. Les modes de briser, en usage dans des temps et des pays différents, étaient de nature diverse.

    On brisait :
    * Par le changement de toutes les pièces des armoiries en conservant les émaux des armes originaires;
    * Par le changement des émaux, en conservant les pièces;
    * Par l'augmentation ou la diminution du nombre des pièces;
    * Par le changement de la situation de quelque figure;
    * Par l'addition de pièces nouvelles;
    * Par un changement dans la forme des figures;
    * Par le changement du cimier.

    Tous ces modes de briser tombèrent bientôt en désuétude, à cause de la grande confusion qui en était le résultat. Seul, le cinquième mode qui consiste en l'adjonction d'une pièce peu importante telle qu'une étoile, une molette, une coquille, une quintefeuille, un canton, qui n'altère pas considérablement l'armoirie, s'est longtemps maintenu; cependant, même ce genre de brisure se borne aujourd'hui à l'addition d'un lambel dans les armes de quelques maisons souveraines, et d'un croissant ou d'une étoile dans celles de la haute noblesse britannique.
     
  • Les tenants et les supports
    Ce sont les figures hors de l'écu, qui semblent le tenir. Les figures humaines s'appellent Tenant, les animaux reçoivent le nom de Supports. Dans le cas où un écu est tenu par un figure humaine et un animal, on les nommes touts les deux Tenants.
     
  • Le cri, la devise et la légende
    *
    Le Cri est l'ancien cri de guerre, inscrit sur un ruban ou listel flottant au-dessus du cimier. Communément le cri n'était pas autre chose que le simple nom de la famille ou bien de la maison dont elle était issue.
    * La Devise, bien plus commune que le cri, est généralement une sentence concise qui trouve sa place sur un ruban au-dessous de l'écu.
    * La Légende est une sentence encore plus brève, qui se place sur un listel au-dessus du cimier.
     
  • Le manteau et le pavillon
    Le Manteau n'est guère en usage que pour y mettre l'écu des armes des familles princières. Le Pavillon, espèce de baldaquin qui couronne le manteau, est exclusivement réservé aux souverains.

Observations
En langage héraldique la droite et la gauche s'appellent dextre et senestre. Il faut faire attention que le côté dexire d'une armoirie se trouve à la gauche du spectateur, et le côté senestre à droite. Cet usage, établi de temps immémorial, provient de ce que les armoiries étaient brodées sur la cotte d'armes et peintes sur le bouclier du chevalier. Dans cet ordre de faits, le côté gauche de l'armoirie se trouvait exactement au côté gauche du chevalier, et le côté droit à sa droite.

Dans la description des armoiries, on se sert des termes : du premier, du champ, du même, du second, du troisième, du dernier (sous-entendu émail), etc... pour éviter la répétition mal-sonnante d'émaux déjà nommés. Ainsi au lieu de dire « D'or au chevron de gueules, chargé de trois étoiles d'or », on dira « trois étoiles du champ ».

La position ordinaire des animaux et objets est de regarder le flanc dextre de l'écu. S'ils se tournent vers le flanc senestre, ils sont contournés.

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Information mise à jour le : 04/juin/2014