Les familles Dehornay de Laneuville

Présentation
Les données généalogiques inédites présentées ici sur la famille Dehornay à Dieppe, Seine-Maritime, Normandie, France, sont le fruit d’une recherche de près de deux années dans les registres paroissiaux de Saint-Rémy-de-Dieppe, Saint-Jacques-de-Dieppe et Neuville-les-Dieppe à l’aide des copies microfilmées. Nous avons aussi relevé de nombreux actes des familles alliées, les Duval surtout.

Carte de la ville de Dieppe en 1575

La ville de Dieppe en 1575
Les paroisses de Saint-Jacques et de Saint-Rémy sont représentées par le clocher de leurs églises. En arrière-plan, vers le soleil levant, se trouve une petite agglomération sur les hauteurs identifiée sous le toponyme Neuville, ainsi qu’un chemin bordé de moulins à vent, menant à Dieppe. C’est probablement le lieu de naissance de Jacques-Philippe De Horné. (« Le pourtraict de la ville de Dieppe », 1575, Cabinet des Estampes, France, sur le site Internet « Le Centre de Généalogie Francophone d’Amérique »).

Carte de Dieppe au début du XVIIIe (extrait)

Extrait d’une carte de Dieppe au début du XVIIIe siècle
Auteur : Magin, Nicolas (17..-17.. ). Titre : Environs de Dieppe. Publication : [S.l.], [17..]. Description : 1 carte manuscrite : en coul. ; 20 x 27,5 cm. Droits : libre de droit. Cote : Ge DD 2987 (1042) BNF Richelieu Cartes et Plans Reprod. Sc 88/118. Identifiant : 07710870.

Les registres paroissiaux
Pour la période de 1550 à 1700, les recherches dans les registres de Dieppe, sont parsemées d’embûches de toutes sortes. Les parents ne sont pas cités aux actes de mariage les plus anciens. Le nom de la mère d’un enfant baptisé ou inhumé était régulièrement omis et parfois, seul son prénom était cité, et plus souvent qu’autrement, les deux parents ne figurent pas à l’acte d’inhumation.

Toutefois, les enfants anonymes n’existent pas dans ces registres. Les filles célibataires et les veuves enceintes devaient déclarer leur grossesse sous peine de mort en vertu d’un édit de Henri II de février 1556. Les déclarations étaient faites devant un juge, ou au greffe ou devant un notaire (Suzanne et Gaston Canu. 1993. Table des mariages de Saint-Jacques-de-Dieppe, Seine-Maritime, 1607-1792. Ici, p. 10). On disait alors que l’enfant « est des oeuvres de ... », le père naturel étant clairement identifié.

Plusieurs registres paroissiaux furent perdus ou brûlés. Parmi ceux-là, les registres de mariages de Saint-Rémy-de-Dieppe des années 1660 à 1667 nous auraient sans doute permis de retrouver le mariage de Jacques Dehornay et de Catherine Duval, vers 1663-1664. L’acte de naissance de Jacques-Philippe De Horné (Laneuville), l’ancêtre québécois, n’a pas été retrouvé non plus. Il a dû naître vers 1663-1664 puisqu’il est âgé de 34 ans lors de son admission à l'Hôtel-Dieu de Québec, le 9 juin 1698 (PRDH, vol. 6, index 7).

Dates

Registres

Paroisses de Dieppe
Saint-Jacques (SJ)
Saint-Rémy (SR)
Neuville-les-Dieppe (ND)

1548 / 1648

Nombreuses lacunes

ND

20-05-1612 / 15-04-1613

Perdus BMS

SJ

29-05-1615 / 26-04-1616

Perdus BMS

SJ

30-12-1616 / 1629

Perdus BMS

SJ

26-11-1639 / 28-07-1652

Perdus BMS

SJ

1653

Perdus M

SR

01-01-1654 / 24-05-1654

Perdus M

 

25-04-1660 / 1667 (incl.)

Perdus M

SR

1692

Brûlés BMS

SR

06-09-1693 / 27-07-1694

Brulés BMS

SR

Jacques-Philippe De Horné en France
La présence de Jacques-Philippe De Horné à Dieppe nous est confirmée par sa signature paraphée (voir la figure ci-après) à titre de parrain au baptême de Marguerite Grevin, fille de Joan & Magdeleine Fontaine, née et baptisée le 16 mai 1684 à Saint-Rémy-de-Dieppe, Seine-Maritime, Normandie, France (Microfilm LDS 1038298). Marguerite François, la marraine, signe d'une marque, le père signe aussi. Ce Joan Grevin fut parrain au baptême de Catherine Dehornay, fille de Jacques Dehornay et de Catherine Duval, le 14 octobre 1670, à Saint-Jacques-de-Dieppe.

La signature est identique à celle retrouvée dans les registres paroissiaux de L'Ange-Gardien (voir la figure ci-après), Montmorency, Québec, lorsque Jacques-Philippe De Horné de Laneuville assiste au mariage de Jacques Amelot dit Sanspeur, fils de Jacques Amelot et de Marguerite Patin, à Angélique Godin, fille de Charles Godin et de Marie Boucher, le 12 mai 1698. Jacques Amelot dit Sans-Peur est sergent et Jacques-Philippe De Horné de LaNeuville, soldat, dans la Compagnie franche de la Marine de Jacques Levasseur de Néré. Autre fait intéressant au sujet de la relation des familles Amelot et De Horné-Dehornay : Catherine Duval et Jacques Amelot signent comme parrain et marraine au baptême de Jacques Hélier, fils de David Hélier et de Nicole Fontaine, né et baptisé le 10 janvier 1681 à Saint-Rémy-de-Dieppe.

Le 20 juin 1688, Jacques-Philippe n’assistera pas à l’inhumation de sa mère Catherine Duval à Saint-Rémy-de-Dieppe puisque les seuls témoins, qui signeront d’une marque, seront l’époux, Jacques Dehornay et Jean Dehornay, fils de la défunte et frère de Jacques-Philippe. Nous croyons qu’à cette période il exercait son travail de clerc ou de notaire à l’extérieur de la ville de Dieppe. .Les apprentis (clercs) devaient oeuvrer au service d’un notaire pour une période plus ou moins longue, selon leurs aptitudes. Habituellement, les clercs étaient acceptés vers l’âge de 15 ans.

Les parents de Jacques De Horné de LaNeuville demeuraient sur la rue du Jeu-de-Paume à Saint-Jacques-de-Dieppe.

Copie d'un acte de baptême Saint-Rémy-de-Dieppe, 16 mai 1684

Signature de Jacques-Philippe De Horné au baptême de Marguerite Grevin, fille de Joan & Magdeleine Fontaine, née et baptisée le 16 mai 1684 à Saint-Rémy-de-Dieppe, Seine-Maritime, Normandie, France.

Signature de Jacques De Horné, 12 mai 1698

Signature de Jacques-Philippe De Horné de Laneuville au mariage de Jacques Amelot dit Sanspeur à Angélique Godin, le 12 mai 1698 à Château-Richer, Montmorency, Québec.
(Registres paroissiaux).

Signature de Jacques-Philippe De Horné en 1708

Signature de Jacques-Philippe De Horné de Laneuville en 1708, Québec
(Greffe de Jacques De Horné de LaNeuville, ANQ).

Jacques-Philippe De Horné de Laneuville, soldat en Nouvelle-France
Il est fort probable que Jacques-Philippe était l’une des 123 recrues arrivées en 1697 pour regarnir les troupes du roi en Nouvelle-France. Chez les militaires, il est une tradition d'avoir un surnom. Jacques-Philippe adoptera celui « de LaNeuville », sa paroisse natale probablement (voir la carte de Dieppe ci-haut); il sera connu sous Jacques De Horné de LaNeuville et plus tard sous Jacques Dehornay dit Laneuville. Ses véritables prénoms étaient Jacques-Philippe, tels que cités à l’acte de partage de sa terre entre ses héritiers, le 17 octobre 1747 (Greffe de Choret) et le 19 septembre 1761 (Greffe Guyart de Fleury) lors de la « déclaration tenant lieue d’inventaire de la communauté de Marie Madeleine Boucher, veuve de Jacques Philippe Dehornay, notaire époux antérieur de Marie Civadière ».

Les simples soldats logeaient chez les gens de la ville ou dans les fermes de la région où ils devaient servir. Jacques-Philippe De Horné de Laneuville demeure chez son futur beau-père, Louis Sivadier, à Saint-Laurent de l'île d'Orléans. C'est là qu’il fait la rencontre de Marie Sivadier, sa première épouse et c’est dans cette maison que la convention de mariage est signée le 23 janvier 1702 (Greffe Chambalon).

Soldat de la Compagnie franche de la Marine, vers 1690. Aquarelle de Michel Pétard, Parcs CanadaSoldat des Compagnies franches de la Marine du Canada, vers 1690.
Ce simple soldat porte un habit gris-blanc doublé et parementé de bleu, la couleur distinctive des troupes de la Marine. À cette époque, l'habit compte environ cinq douzaines de boutons en laiton. Le chapeau de feutre noir est bordé d'un galon «d'or faux», un mélange de fil de laiton et de fil jaune. Il est armé d'un fusil, d'une baïonnette et d'une épée.
Aquarelle: Michel Pétard, Parcs Canada (Réf. Les Compagnies franches de la Marine du Canada 1683-1760, Musée de la Nouvelle-France.
http://www.civilization.ca/vmnf/popul/militaires/militimg08-fr.htm).

Il a dû s’enrôler dans la Compagnie de M. Levasseur de Néré en 1697, peu de temps avant son départ pour la Nouvelle-France. Le 24 janvier 1702, sa période d’enrôlement de six ans ne devait pas être terminée puisque l'acte de mariage le cite toujours comme soldat : « Le vingt quatrieme Janvier de Lannée 1702 Jay soussigné Pretre et Curé de Leglise paroissiale St Laurent ayant Vu la permission de Monsieur Le chevalier de Calliere gouverneur general, de Marier Jacque de Hornés dit La Neuville soldat de la Compagnie de Mr Le Vasseur avec Marie Civadier. » (Registres paroissiaux de Saint-Laurent de l’île d’Orléans). Jacques-Philippe De Horné devait obtenir la permission de son capitaine pour se marier. Toutefois, ce dernier étant absent, parti en France pour des raisons de santé, sa requête sera acheminée au gouverneur général, M. Louis-Hector de Callières, qui donnera son consentement.

Jacques-Philippe De Horné De Laneuville, notaire royal en Nouvelle-France
À partir de 1704, il exerçe comme notaire royal et huissier, son enrôlement de six ans étant terminé. Toutefois sa commission royale n’a pas été retrouvée, mais nous savons qu’il promenait ses papiers, sa plume et son encrier depuis le Sault de la Chaudière jusqu'au gouvernement des Trois-Rivières, sur les deux rives du fleuve Saint-Laurent, à pied, à cheval et en canot. Le dernier acte de son greffe est daté du 13 février 1730 et il est inhumé le 7 mars suivant à Sainte-Croix-de-Lotbinière, âgé de 66 ans, alors époux de Marie-Madeleine Boucher.

Terre de Jacques De Horné de Laneuville
Le 25 mars 1703, Robert Choret, seigneur de Notre-Dame-de-Bonsecours, lui concède sous seing privé, une terre de trois arpents de front sur le fleuve Saint-Laurent, et de quarante arpents de profondeur :

    « Jay soussignez et confesse avoir Concede
    un abitation de trois arpents de front
    lelong du fleuve St laurent et de quarante
    arpents de profondeur joygnant dun Costé
                             #  et de lautre Coste
    au bas de la Coste le ruisseau de latouffe des terres
    non consedez a jacque de hornez dit laneuville
    payant chaque annez vingt sols par arpants
    et un chapon et quarente sols pour le droit de rente
    et deux sols marquez de sens une semaine
    pour le moulin et autent pour léglise # ......
    .........(illisible, très pâle) …. la ligne dudit ruisseau
    ..............fait le vingt sine de mars 1703
     (signé) Robert choret »

    (Réf. Document # 35, annexé au greffe de Jacques De Horné de LaNeuville, microfilm 4M01-1414A, ANQ-Q)

La terre ancestrale de Jacques De Horné de Laneuville se situerait approximativement sur le lot 7 du cadastre actuel de la paroisse de Sainte-Croix-de-Lotbinière. L’embouchure du ruisseau Gaspard (de la Touffe) servait probablement de borne sud-ouest pour sa terre au bas de la côte (Carte cadastrale Donnacona, 21L 12-200-0202, 1:20 000, 1983). Voir >>>>

Le 22 juillet 1723, dans l'Aveu et dénombrement de Bonsecours/Tilly, Jacques-Philippe De Horné de Laneuville possède une terre de quatre arpents de front (plutôt 3) sur quarante de profondeur, à 18 arpents de la ligne de démarcation des fiefs Maranda (ou Duquet) au nord-est. Il a 12 arpents en labours, une maison, une grange et une étable. Ses voisins immédiats sont au nord, Jean-Baptiste Beaulieu et au sud, Gaspard Choret (Réf. : Occupation des terres dans la vallée du Saint-Laurent. Les aveux et dénombrements 1723-1745. Sous la direction de Jacques Mathieu et de Alain Laberge. Lina Gouger, Alain Laberge, Renald Lessard, Jacques Mathieu, Johanne Noël et Geneviève Postolec. Les Éditions du Septentrion, Québec. 1991 ; ici p. 32).

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Note
Cette recherche a été publiée dans la revue L’ANCÊTRE, de la Société de généalogie de Québec sous « DeHorné de Laneuville, soldat, notaire royal et huissier, à Dieppe, en Haute-Normandie, France », par Léo-Guy de Repentigny et Solange Laneuville, numéro 273, volume 32, hiver 2006, p. 143-147.

Les deux premières générations en France
Les deux premières générations en Nouvelle-France

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Information mise à jour le : 04/juin/2014